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 For the moon never beams, without bringing me dreams - PV Louison

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C'est comme un petit rituel. Moi qui me trompe toujours dans les horaires, confonds les dates et oublie mes rendez-vous à moins de mettre un rappel clignotant sur mon miroir ou mon agenda, je trouve un rythme dans la régularité de ces entrevues. Comme si elles berçaient ma propre vie et que j'étais mue par les phrases de la mélodie lunaire.
Pourtant ce n'est pas pour moi que je suis là et la lune ne me fait rien. Du moins, le magnétisme lunaire produit peut-être des effets sur ma personne, comme tout être humain, mais cela n'est pas démontré. Pourtant elle me berce, cette fresque nocturne et il n'est pas un soir où je ne lève les yeux pour l'observer. Comme une confirmation, le croissant, par sa forme, me remémore la date. Trois jours, deux jours avant l'échéance. Si un coup d'oeil me sert de Rapeltout, je m'en souviens surtout car c'est d'une importance cruciale en mon cœur.

Me voilà donc à me faufiler dans les toilettes abandonnées, vérifiant bien que personne ne m'a vue, une bonne heure avant le tomber du jour. Je sors de ma besace la petite nappe à carreaux, que j'étends au sol, ainsi que les biscuits et ma grande thermos de thé. Tout est en ordre et je m'assieds en tailleur contre le mur. Elle ne devrait plus tarder.
Je me félicite de mon œuvre car jamais je n'y faillis. C'est ridicule ? Oui, ce n'est pas grand-chose, mais voilà je suis consciencieuse, pour une fois. C'est déjà quelque chose. Je ne le serais jamais, si ça ne concernait que moi. Je suis brouillon, éparpillée, mais c'est ainsi que je viens : le chaos nous entoure, il est inéluctable et évident, autant l'accepter plutôt que de chercher en vain un ordre à ce monde.

D'ailleurs Louison cherche à comprendre, elle aussi. Je sens qu'elle ne saisit pas mon intérêt pour elle – elle est un monstre, voyez-vous ! Toutefois le monstre, par définition, n'existe pas. Tout humain n'est rien d'autre que cela : un être humain. Et elle, comme tout autre, mérite son existence et mon intérêt. Voire encore, ma pensée est ici écourtée. Il n'y a rien à mériter : c'est comme cela, nous vivons, nous nous rencontrons et nous trouvons en quelques autres le regard bienveillant, cerclé d'amour, qui prouve que l'on vit. Il n'y a pas vraiment de mots pour expliquer cela. On pourrait être cynique et dire que l'amour n'est qu'une réaction neurochimique. J'ai beau avoir l'âme scientifique, je ne me satisfais pas de cette réponse bien trop réductrice.
Souvent, je me dis qu'il est des choses qu'il ne faut pas décortiquer au scalpel de la raison. On y perdrait de notre humanité.

Alors j'attends Louison, craignant son inquiétude, enfouissant ma peur de ne jamais pouvoir la protéger assez, la rassurer assez. Je me sais peu empathique et bizarre ; à proposer des solutions au lieu d'une oreille attentive, à presser ceux qui se renferment. Ma présence ne suffira jamais, mais je l'attends. Il faut bien commencer quelque part.
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For the moon never beams,
without bringing me dreams
Judith & Louison

Samedi 11 mars 2017
Cachée sous ses draps, la jeune fille laissa échapper un sanglot discret. Elle ne voulait pas que ça recommence, pas encore une fois. Elle ne voulait pas se transformer en monstre, elle ne voulait pas risquer sa vie et celle des autres. Mais ce n'était pas comme si elle avait le choix, n'est-ce pas ? On frappa doucement à la porte du dortoir mais elle ne répondit rien, s'enfonçant un peu plus dans sa prison d'édredon. Je ne veux voir personne. Le battant s'ouvrit malgré tout et, grâce à ses sens sur-développés, la Bleue reconnut le doux parfum de sa sœur et celui, beaucoup plus âcre, de la potion qu'elle lui apportait. Pas un mot ne fut échangé entre les deux et bientôt, l'infirmière était repartie. La jeune louve attendit quelques instants encore, puis émergea de sous la couette et attrapa le gobelet fumant. Son nez se fronça mais elle se força à boire - hors de question de mettre qui que ce soit en danger. Quand elle eut tout bu et qu'elle eut reposé le contenant désormais vide, son regard se porta de lui-même à la fenêtre et au ciel qui se teintait de doré, derrière. Bientôt. Ses prunelles tombèrent sur ses mains fines et blancs, qui seraient sous peu transformées en grosses pattes griffues et poilues. Pourquoi moi ? Puis ses yeux s'écarquillèrent. Judith ! Comment avait-elle pu l'oublier ? Elle était la seule du château - mis à part Juliette - qui pensait à elle, en ce jour particulier, qui lui organisait un petit quelque chose de discret pour lui changer les idées. A la pensée de l'autre Oiseau-Tonnerre, le coeur de la rousse se réchauffa autant qu'il se serra. Elle était tout pour elle, ou presque. La jeune fille sauta du lit et manqua se casser la figure, un de ses pieds toujours coincés dans les draps ; une fois dégagée, elle se tressa rapidement les cheveux et enfila une paire de ballerines, avant de dévaler les escaliers du dortoir et de sortir du bâtiment des maisons. Elles se retrouvaient toujours dans les toilettes abandonnées quelques heures avant que Juliette ne l'emmène au terrain vague des montagnes. Pour une fois, elle ne croisa personne sur son chemin et, dans un dernier dérapage, ouvrit en grand la porte des toilettes.

– Désolée pour mon retard ! lança-t-elle, essoufflée par sa course. Elle prit à peine le temps de refermer le battant et de reprendre son souffle avant de rejoindre son amie et le pique-nique improvisé qu'elle avait installé. Un petit sourire timide étira les lèvres de la jeune fille. Merci... murmura-t-elle.
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THERE WAS once a sweet little maid, much beloved by everybody, but most of all by her grandmother, who never knew how to make enough of her. Once she sent her a little riding hood of red velvet, and as it was very becoming to her, and she never wore anything else, people called her Little Red Riding Hood.
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Je l'attends et je commence à me demander ce qu'elle fait. Non que je m'impatiente, loin de là ! Ma présence en ces lieux est normale et j'y passerais la nuit s'il le fallait. Je n'ai rien « de mieux » à faire qu'être là pour mon amie et je ne saurais m'agacer d'un retard. Je la connais et lui fais confiance, elle ne ferait pas de mal à un Doxy.
Par contre, je m'inquiète. Je sais comme ces jours-ci sont pénibles, comme l'appréhension peut grimper des sommets en son esprit et son cœur. D'ailleurs, je grince des dents quand j'entends ces filles se plaignant du retour mensuel de leur semaine de gêne. Si elles savaient comme leur crainte est futile et ridicule, comme elles sont privilégiées, ne dérogeant en aucun cas de la norme. D'ailleurs, quand bien même elles auraient mal ou se sentiraient vaseuses, je me demande la raison de leur complainte. Parfois même, je me dis qu'il s'agit d'une affirmation de soi, du marquage d'un lien sororal dans une communauté unie par ses cycles. Peut-être est-ce le simple signal, le rappel de son appartenance à un groupe ; elles jactent pour le rappeler : elles sont des vraies filles et la réaction compatissante est de mise, face à leur tourment.

Quel air dégoûté elles auraient, si elles savaient ! Car voilà, Louison est différente et ne vit que dans l'altérité. Au milieu de ses semblables, elle se voit monstre, elle se sait dangereuse : on le lui a suffisamment répété. Elle doit se tenir écartée des autres enfants, elle doit affaiblir son sang d'un poison emprisonnant sa nature, elle doit s'éloigner car elle porte la responsabilité de son être. Je songe à cette violence qui lui est infligée depuis son enfance.
Nous autres sorciers, nous avons appris à nous cacher, à taire notre nature : à ne pas donner la preuve de nos pouvoirs, de notre différence parce que les conséquences en seraient terribles, tant pour soi que pour les autres. Cependant, en entrant à Ilvermorny, nous nous sommes trouvé un havre de paix, peuplé de semblables. Nous pouvons nous reconnaître les uns en les autres, jusqu'à noter et comprendre – voire mépriser, pour certains et certaines – nos différences individuelles.

Pour Louison, cet effort ne trouve pas de repos. Et je suis saisie d'un vague sentiment de culpabilité, car ma mélancolie m'entraine à trouver épuisante la compagnie de cette foule d'individus dont je ne diffère que si peu. Bien sûr, nous sommes tous des personnalités uniques mais je me sais sur la quête constante de ma particularité. Est-ce bien désirable ? Ne suis-je pas ingrate et idiote, amie de Louison, à désirer me distinguer de la masse rassurante ?

Mais voilà que la porte claque et que la douceur de ses yeux croise mon regard surpris. Elle est essoufflée, la pauvre, elle s'est pressée de me rejoindre. Ma peau frissonne et mon sourire s'étend. « Tu as couru ? Ne t'excuse pas, vraiment. » Cette manie de toujours demander pardon... Je ne m'y ferai pas. Elle est si prévenante et inquiète de bien faire qu'on croirait qu'elle s'excuse d'exister. Je ne désespère pas d'un jour lui faire entendre ma joie de la connaître et toute la beauté de son être.

En attendant, je lui tends un bol de gâteaux. Je ne sais pas trop comment amorcer la conversation. Je ne sais jamais, maladroite que je suis. « J'ai pris du earl grey, j'espère qu'il n'a pas trop infusé. Il y a du lait sinon. » Ce sont des banalités qui ne me vont pas, mais mon regard lui demande si ça va. Je la sers et goûte à la suite. C'est tout juste.
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