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 Treat her better [Adriel et Emily Miller]

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Cette année n’avait pas été de tout repos pour Emily Miller. Oh, sa vie n’avait jamais été un long fleuve tranquille, jalonnée d’angoisse et d’entretiens d’embauche puis de couches et de pleurs, mais l’an 2002 avait été un tournant qu’elle aurait préféré éviter. La naissance de sa deuxième fille Oneida avait engendré une joie immense en elle et son compagnon, ainsi qu’en leur petite aînée Hailey, âgée de seulement 2 ans, mais l’arrestation et l’incarcération de son ami, dont elle caressait intimement le rêve de porter, un jour, le nom, avait fait empanner sa vie de rêve en cauchemar. Depuis quelques semaines, Emily s’efforçait de comprendre cette société magique qui l’avait adoptée, tout en rejetant son compagnon, en passant ses journées à visiter le District Discret et ses soirées à ingurgiter d’énormes pavés de lignes encyclopédiques sur la magie aux Etats-Unis.

Un soir, alors qu’elle était penchée sur une Bièraubeurre et un livre sur la Justice Magique, un homme du Ministère s’était assis à ses côtés. Feignant l’ignorance, elle lui raconta qu’elle avait été la victime du ricochet d’un terrible et malheureux sortilège d’Amnésie qui lui avait ôté tout souvenir du monde magique. Adroit mensonge, surtout lorsqu'on connaissait ses origines. Compatissant, l’homme avait accepté sans hésitation de répondre à ses questions pointues et lui avait dévoilé sans s’en rendre compte les noms de ceux qui étaient responsables de ses tourments.

C’était la semaine dernière. Le lendemain, Emily s’était rendue à la poste magique et un hibou était parti transmettre un message impérieux à Adriel O’Brien, le trop jeune homme maladroit et peu sûr de lui devant lequel Emily et ses filles avaient pleuré toutes les larmes de leurs corps.

En ce vendredi soir, Emily était vêtue d’une vieille cape noire trouvée dans les affaires de Nashoba. Il s’agissait en fait de la cape de son uniforme d’Ilvermorny, mais Emily ne pouvait pas le savoir ; quoi qu’il en soit, l’effet était spectaculaire – on aurait dit une sorcière. Elle dîna rapidement dans un fast-food moldu rouge puis se rendit à son lieu de rendez-vous – rendez-vous qu’elle avait imposé sans laisser à O’Brien la possibilité de lui confirmer sa présence. Aurait-il le courage de venir ? Elle l’espérait. La femme, désormais encapuchonnée, s’installa à la table du fond, à droite, commanda un Wivsky Pur-Feu mais n’y toucha pas et attendit patiemment que le jeune homme dégingandé et aux taches de rousseur franchisse le seuil.

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Novembre 2002
La lettre que j'avais reçu il y a quelques jours m'avait profondément secoué. Si vous êtes une aussi bonne âme que ce que vous prétendez à votre entourage et visiblement à vous-même... Qu'avais-je donc fait ? Était-ce lié à la dernière grosse affaire sur laquelle on m'avait mis ? Inévitablement, mes pensées retournèrent vers la petite fille à qui j'avais arraché son père, il y a quelques semaines, et qui m'avait regardé comme si elle avait voulu me tuer, malgré ses deux ou trois petites années, les yeux remplis de larmes. Je m'en voulais tellement, aussi je ne me laissai aucun choix et me rendis au point de rendez-vous pour rencontrer la mystérieuse inconnue - dont je me doutais un peu de l'identité. Arrivé à la taverne, je repérai rapidement celle qui m'avait demandé de venir et passai au comptoir commander une spécialité de la maison avant de la rejoindre et de m'installer en face d'elle.

– Bonsoir... glissai-je, incertain. Je, euh...

Nerveux, je passai une main dans mes cheveux avant de plonger le regard dans ma choppe. Que pouvais-je bien dire à la femme dont j'avais arraché le compagnon ? Parce que oui, j'avais reconnu les traits fins et délicats sous la capuche comme étant ceux de la jeune femme, guère plus âgée que moi, que nous avions laissée avec deux enfants en bas âge, M. Roche et moi.

#663333 Adriel
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Bonsoir, dit la jeune femme d’un ton rêveur en interrompant les balbutiements d’O’Brien. Elle avala sa rasade de Wivsky Pur-Feu, qui lui chauffa l’œsophage, pour se donner du courage et abaissa sa capuche, maintenant qu’elle était sûre que l’enfoiré de Roche n’était pas avec lui.

Ses cheveux blonds étaient devenus cendrés suite au malheur qui frappait Emily, et son visage n’était pas en reste : yeux cernés, traits tirés, teint blafard et pattes d’oies venaient s’ajouter au tableau, autrefois majestueux et assuré. Elle passa une langue timide sur ses lèvres gercées et sèches.

Vous devez vous demander pourquoi je vous ai fait venir, Monsieur O’Brien. D’ailleurs, vous souvenez-vous de moi ?

Sans qu’il n’ait à répondre, Emily lut dans son regard qu’il n’avait pas oublié ce jour où il lui avait arraché son âme – tant mieux pour lui, car elle ne l’aurait pas laissé se défaire de ce souvenir impunément.

Je ne vais pas vous faire patienter plus longtemps, Monsieur. Vous avez sûrement des missions à accomplir ; d’autres familles à séparer, peut-être. Je ne devrais pas vous retenir pour ce genre de tâches… primordiales pour le monde sorcier. L’ironie teintait sa voix et la faisait trembler de rage. Elle passa sa main dans ses cheveux en inspirant et se calma – pour combien de temps ? J’ai quelques questions à vous poser, car j’ai trouvé, après réflexion, que vous étiez en dissonance totale avec votre chef et ses ordres. Je voulais savoir quelle motivation vous pousse à faire partie de ceux qui répriment ?

Emily écouta sa réponse attentivement et enchaîna les questions comme si les rôles étaient inversés et qu’ils étaient revenus au jour de son interrogatoire, quelques mois auparavant :

Depuis combien de temps travaillez-vous pour cet enfoiré de Roche ?

Quel est le genre de missions qui vous plaît le plus ?

Votre point fort, c’est quoi ? Et votre point faible ?

Vous avez une compagne ? Des enfants, peut-être ?

Soudain, invoquée du vide, survint la question pour laquelle Emily avait fait venir O’Brien. Celle qui lui permettrait de comprendre enfin si son opinion était calquée sur celle de Roche par obligation, par réelle adhérence à ses propos ou s’il ne s’abaissait même pas à jouer les hypocrites.

Quelle satisfaction tirez-vous de séparer des familles innocentes qui ne demandaient qu’à s’aimer ? Avez-vous déjà essayé de vous mettre à leur place ? Avez-vous ne serait-ce que compris ce qu’ils pouvaient ressentir ?

Emily avait considérablement haussé la voix, crescendo depuis le début de son interrogatoire. Elle avait presque crié sa dernière question et s’excusa, gênée, lorsque leurs voisins de table leur intimèrent de faire moins de bruit.
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J'accueillis son interruption avec soulagement car je n'avais fait que m'enfoncer un peu plus chaque fois que j'essayais de trouver quelque chose d'intelligent à dire. Sa question me prit un peu au dépourvu et je levai les yeux vers elle, l'air peiné et honteux, mais ne pus maintenir le contact longtemps et je replongeai mon regard dans le fond de mon verre. La soirée promet d'être longue. Son trait d'ironie me toucha en plein coeur et je cillai légèrement, resserrant ma prise sur ma boisson. Je ne suis pas quelqu'un de mauvais... n'est-ce pas ? Je relevai les yeux quand elle me demanda mes motivations. Quelles étaient-elles, après tout ?

– Eh bien..., commençai-je, incertain. Je n'en suis moi-même pas certain, pour être honnête. Je laissai échapper un soupir et bus une gorgée d'alcool, avant de reprendre. On m'a toujours dit que je serai auror ou tireur d'élite de baguette magique, je me suis toujours entraîné pour et je n'ai eu que le choix du corps dans lequel je voulais entrer ; je crois que je n'ai jamais vraiment réfléchi aux implications qui suivraient.

Puis les questions s'enchaînèrent et, pour échapper à la culpabilité qui me dévorait de l'intérieur, je me donnais à fond dans mes réponses.

– Je fais partie de la brigade depuis maintenant quatre mois, depuis le 05 août dernier plus exactement. Vous êtes ma première vraie... "mission", si je puis m'exprimer ainsi. Je grimaçai sur le mot "mission", clairement maladroit, mais je n'avais pu en trouver un autre mieux adapté.

– Je n'ai pas encore eu l'occasion de faire beaucoup de missions à vrai dire mais je préfère être sur le terrain, à chasser les hors-la-loi et à patrouiller plutôt que de rester à faire de la paperasse au bureau.

– Euh, mon point fort ? Je dirais que je suis efficace ? Et mon point faible est facile à trouver, je suis très tête en l'air.

– Je suis célibataire, madame, et n'ai encore pas d'enfant, je n'ai que 18 ans après tout.

Et elle posa sa dernière, qui me fit pâlir. Me mettre à leur place... Tout ce qu'on m'avait dit de ne pas faire, surtout. Mais comment le lui dire ? Comment lui faire comprendre qu'on nous apprenait à nous détacher de nos émotions lorsque nous étions sur le terrain pour éviter d'être trop partiaux ? Et bien entendu, M. Roche maîtrisait cet aspect du métier à la perfection, depuis le temps qu'il l'exerçait. L'intervention de nos voisins de table me permit de rassembler mes pensées et une fois qu'elle se fut excusée, je repris la parole.

– Je n'ai ressenti aucune satisfaction à briser votre famille, madame, je vous le jure. Le regard de votre aînée hante encore mes nuits et me déchire le coeur. Seulement, lors de notre entraînement, on nous apprend à nous défaire de nos émotions pour qu'on soit le plus impartial possible. Je n'ai pas beaucoup d'expérience donc c'est pour ça que je n'ai pas semblé très assuré - et que je ne l'étais pas - mais M. Roche est un senior et il est beaucoup plus doué que moi, un très bon brigadier, madame ! Même si je reconnais qu'il est particulièrement dur. Nous les juniors le craignons énormément.

Un petit silence s'installa tandis que chacun digérait ce qui venait d'être dit et je bus deux-trois gorgées, avant d'être pris d'une soudaine inspiration. Je posai un peu brusquement mon verre sur la table, ce qui attira le regard des voisins mais je n'en avais rien à faire et pris les mains de la jeune femme entre les miennes, mes yeux plantés dans les siens, afin d'être sûr d'avoir toute son attention.

– Je suis sincèrement désolé, madame. Je sais que je ne pourrai jamais réparer le tord que je vous ai fait et je ne pourrai rien faire pour aider votre compagnon là où il est mais j'aimerais faire quelque chose pour vous, n'importe quoi. Je marquai une légère pause. Je... Je ne peux pas vous promettre que je ne recommencerai jamais car cela fait partie de mon métier mais je peux essayer d'adoucir ces moments pour les prochaines familles. Je... Je me doute que ça doit vous paraître hypocrite, ce que je vous dit, mais je suis sincère.

Et sincère, je l'étais. J'espérais vraiment qu'elle l'avait senti. J'aimerais bien qu'elle ne me demande pas de me suicider par contre. Quand je dis "tout" c'est pas non plus "tout tout" hein.

#663333 Adriel
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La sincérité des tourments que lui racontait le jeune homme toucha Emily, qui se retrouva désemparée - elle avait prévu, dans son script soigneusement préparé, qu'elle pourrait déverser sa haine et sa rage, son désespoir et sa détresse et toute l'humeur noire qui dégouttait de son coeur à l'encontre du brigadier O'Brien. Le pauvre homme ne méritait définitivement pas ça - malheureusement, il y avait certaines tâches déplaisantes dans chaque métier, Emily ne pouvait le nier, et savoir qu'il ne voulait pas briser sa famille lui remonta le moral. M. Roche serait désormais l'incarnation du mal dans son foyer et O'Brien serait écarté de toute malédiction chamane proférée par ses beaux-parents, Emily s'en assurerait.

La jeune mère retira délicatement ses mains, gênée, et sourit doucement ; le sourire multi-usages dont elle se servait pour rassurer Hailey et Oneida lors d'instants de trouble était d'usage ici.

Peut-être que... Je ne peux pas vraiment vous demander ça. Elle accompagna son hésitation d'un petit rire gêné.

Emily laissa son regard se porter vers la fenêtre et les rues de New York, illuminées de petites boules de lumière lointaines, et sourit alors que le reflet de la vitre se lisait dans ses yeux rêveurs.

Pourriez-vous envoyer des cartes à mes filles, de temps en temps, en tant que fonctionnaire du COMEUDA ? Vous n'êtes pas obligées de les signer, restez anonyme si vous préférez. Donnez-leur quelques nouvelles de leur père, même si elles sont fausses, ou faites-leur penser qu'elles ont un allié, un ange gardien, comme nous, les Non-majs, disons. Qu'elles aient encore un peu foi en leur gouvernement. C'est un peu niais et utopiste, mais je crois que nous avons tous besoin d'un peu plus de mièvrerie dans ce monde parfois cruel.

Portant son verre à ses lèvres, elle but une gorgée puis s'assura que sa requête avait été comprise.

Vous seriez d'accord ? demanda Emily en souriant.

Elle hocha la tête d'un air approbateur lorsqu'O'Brien lui signifia sa réponse.

Je suis désolée de vous avoir fait venir jusqu'ici pour vous hurler mes sentiments, regretta Emily. Puis-je vous offrir quelque chose en retour ? Un repas, peut-être ? J'ai entendu dire qu'ils faisaient de délicieux cheesecakes à la citrouille et au citron vert. Mettez-vous à l'aise, je vous en prie.

Emily attendit patiemment qu'O'Brien fasse son choix sur la conduite à adopter et recommença son interrogatoire aussitôt qu'il sembla plus à l'aise - relativement -. Elle choisit néanmoins un tout autre sujet.

Dites-moi, vous devez avoir reçu votre diplôme il y a peu, je me trompe ? Pourriez-vous me parler des points forts d'Ilvermorny ? Est-ce une bonne école, une école réputée ? Vous comprenez, logiquement, mes filles iront, sous réserve qu'elles montrent des aptitudes magiques, mais je n'en connais pas grand-chose... Mon mari nous a bien raconté quelques histoires, mais elles commencent à dater un peu, rit-elle doucement.
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